Biographie

 

Philippe Visson, dont les parents sont tous deux d'origine russe, est né à New York en 1942. Sa mère, parisienne et historienne de l'art, fut rédactrice de La Gazette des Beaux-Arts de 1930 à 1960, et a toujours fréquenté le milieu artistique international. Son père fut un célèbre journaliste politique notamment pour The Washington Post et The Reader’s Digest. Philippe Visson a donc grandi dans un milieu cosmopolite, entre l'Europe et les États-Unis. Tous deux ont acquis de leur Russie natale le goût de la démesure. Chez les Visson, on vit en nomade, on dévore la vie, on dépense au-dessus de ses moyens, on retombe sur ses pattes.

Visson est un peintre que l'on peut difficilement inscrire dans un mouvement particulier de l'histoire de l'art et ceci principalement pour deux raisons. D'abord, ses origines, son éducation et son mode de vie en font un personnage sans véritables racines, mais un citoyen du monde qui porte en lui toutes les cultures, de la Russie au ghetto noir de Washington D.C.

Ensuite, il est autodidacte et a eu autant besoins de solitude pour peindre que des audiences pour le stimuler. Son art est donc uniquement le sien, mais certainement pas celui d'un artiste brut. Ses visages, anti-portraits, révèlent les figures multiples de l'humanité : du Christ au démon, de l'enfant au vieillard, du Caucasien à l'Africain.

L'ENFANT PRODIGE (1958 - 1963)

PARIS, NEW YORK, MONTE-CARLO, LAUSANNE

Visson est obèse quant à quinze ans il tombe amoureux d’une fille d’un diplomate de huit ans son aînée. Sa crise d’adolescence, exacerbée par l’anorexie, il perd la moitié de ses cent vingt kilos en six mois. La femme de l’éditeur de Churchill à Paris lui offre une boîte de peinture et par désespoir frénétique, il commence à peindre dans la salle de bain du Bristol et d’autres hôtels, où ses peintures se multiplient rapidement. À 16 ans, il expose ses premières œuvres à Paris chez Carven puis à New York. C’est un succès immédiat tant vis-à-vis du public, des critiques d’art que des médias. Après New York, il expose à Monte-Carlo et Genève.

Philippe masque sa timidité sous ses allures de dandy. Et comme cela ne lui suffit pas, il avale des litres de whisky et titube d’un lieu chic à l’autre, tout comme le fait son ami et voisin, l’acteur Montgomery Clift.

A L'ECART DU MONDE (1963-1979)

WASHINGTON, EPALINGES, WASHINGTON, LA TOUR-DE-PEILZ

En 1963 à Washington, Philippe s’arrête de boire de lui-même, puis a une courte rechute en 1971 à Gstaad. Son père prend sa retraite à Lausanne, où la famille réside d’abord au Beau-Rivage puis dans une belle villa à Épalinges.

Genève.

Après le faste et les mondanités de Washington, New York, et la scéne culturelle parisienne, Visson survit quelque peu à l'écart du monde.  Il entreprend la production d'une oeuvre, jeûnant et peignant souvent 48 heures sans s'arrêter.  Il ne la montre à personne mis à part ceux qu'il considére commes ses "maîtres" Jean Leymarie et René Huyghe, et d'autres critiques tels que René Berger et Michel Thévoz.  Quand l'un des critiques lui envoie un galeriste, Visson tout d'abord récalcitrant, se laisse convaincre et expose.

LA FUREUR DE PEINDRE (1979 - 1978)

VISSON S'ETABLIT EN SUISSE

En 1979, après être resté longtemps aux États-Unis, Philippe et sa mère reviennent en Suisse pour s’établir à La Tour-de-Peilz avec la petite pension octroyée à sa mère. Visson se remet à peindre et à exposer. Ils retournent seulement aux Etats-Unis pour fermer leur appartement alors que sa mère tombe malade.  Soignant sa mère, il ne peut assister à son exposition personnelle ' l_Aargauer Kunsthaus.  Un mois après, sa mère décède. Philippe revient avec Ellen qui va devenir son épouse, accompagnée de sa fille.  Sans un sous, sans permis de séjour, venus dans le seul but de régler un litige entre deux galleristes, ils finissent par rester en Suisse et s-;tablissent aux Paccots.  Les Visson vivent uniquement de produit de la vente des tableaux bénéficiant de la fureur de peindre de Philippe qui réalisera presque 3'000 tableaux durant cette période faste. En 1988, ,en direct dans les sutdios de la TSR, il peint un panneau de trois mètres par cinq.

VISSON -- L'ERMITE S'OUVRE AU PUBLIC (1991 - 1998)

MONTREUX, SUISSE

Visson emménage à Montreux, malgré sa tendance de vivre en ermite, il ouvre son art et ses bras au public. Continuant à peindre ses visages, il réalise de vastes séries de paysages et natures mortes inspirés par la Riviera vaudoise. En cherchant un atelier, il découvre au Cinéma Apollo de Montreux, des sièges datant d’après-guerre. Cette salle fréquentée par Charlie Chaplin, James Mason et Vladimir Nabokov est en fait vouée à la démolition. Il propose de peindre les dos des sièges en bois. Ces fauteuils sont vendus avec l’aide et au profit d’une œuvre caritative.

VISSON RETROUVE SES RACINES DANS UN PALACE (1998 - 2008)

MONTREUX, SUISSE

 

En 1998, Visson aménage son atelier au Montreux Palace. En 1999, le Musée Visson ouvre ses postes au Petit Palais de Montreux. La présence des autres, au milieu des palaces de son enfance, le stimule. Visson commence une série de projets à but caritatif, surtout pour la SVPA (Société Vaudoise pour la Protection des Animaux) à Lausanne. Il se lance dans une série de tableaux, qui inclue d’abord le visage; mais aussi sa fascination pour la Riviera vaudoise.

Visson réalise toutes les couvertures et fait des dessins graphiques pour les brochures du Montreux Palace. Grâce à son amitié avec Enrique Mayer – le fondateur de Le Mayer – Visson peint la baignoire de Sissi, (Elisabeth l’Impératrice d’Autriche). Visson acquiert un Stradivarius, qu’il prête à une violoniste russe hébergée chez les Visson pendant une année. Visson produit un CD dans le studio des QUEEN. Il est pris en charge par Hans et Elisabeth Kopp; première femme à être nommée conseillère fédérale. Visson fait leurs portraits pendant une scène d’un film documentaire fait sur eux. Visson continue à travailler, même en donnant aux infirmières des portraits dessins exécutés par un trait.

Philippe Visson décède en juillet 2008.